Avant l’achat : les documents à vérifier absolument

Acheter en copropriété, c’est aussi reprendre une part de l’histoire et des engagements collectifs de l’immeuble. Avant de signer, il est donc essentiel de regarder au-delà du prix de l’appartement.

Les documents que le vendeur doit fournir (art. 577-11)

Avant la vente d’un lot en copropriété, des informations relatives à la copropriété doivent être communiquées à l’acquéreur dans le cadre prévu par la législation belge.

Le syndic transmet notamment au notaire des informations permettant de connaître la situation financière et administrative de l’immeuble, parmi lesquelles :

  • le montant du fonds de roulement 
  • le montant du fonds de réserve 
  • les éventuels arriérés dus par le vendeur 
  • les procédures judiciaires en cours concernant la copropriété 
  • les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales 
  • les derniers décomptes périodiques de charges

Ces documents ne sont pas une simple formalité. Ils permettent au nouveau copropriétaire d’identifier des dépenses ou des difficultés qui ne sont pas visibles lors d’une visite du bien.

Lisez particulièrement les procès-verbaux des assemblées générales. Ils permettent de repérer des travaux votés ou envisagés, des problèmes récurrents dans l’immeuble, des impayés ou encore des discussions concernant le syndic.

L’acte de base et le règlement de copropriété

L’acte de base et le règlement de copropriété font partie des documents essentiels à consulter avant d’acheter en copropriété.

L’acte de base décrit notamment les parties privatives et communes ainsi que les quotités attribuées aux différents lots. Ces quotités jouent un rôle important dans la répartition de nombreuses dépenses et dans le fonctionnement de la copropriété.

Le règlement de copropriété fixe, quant à lui, les règles applicables à l’immeuble et précise son mode de fonctionnement.

Selon la copropriété, ces documents peuvent notamment encadrer certains usages du bâtiment, les travaux réalisés dans les lots privatifs ou encore l’utilisation des parties communes.

Ne partez donc pas du principe que vous pourrez utiliser ou transformer votre bien exactement comme vous le souhaitez. Vérifiez les règles applicables au lot avant de signer.

Les charges et les travaux à venir : le vrai coût du lot

Le prix d’achat n’est qu’une partie du coût d’un appartement. Une fois propriétaire, vous devrez participer aux dépenses communes de l’immeuble.

Demandez et analysez idéalement les décomptes de charges des deux dernières années. Ils donnent une vision plus concrète des dépenses récurrentes : entretien des communs, assurances, énergie des parties communes, ascenseur, honoraires du syndic ou autres frais liés à l’immeuble.

Examinez également les procès-verbaux des assemblées générales pour identifier les travaux déjà votés ou actuellement en discussion. Une rénovation de toiture, un ravalement de façade ou le remplacement d’un équipement commun peut représenter une dépense importante.

La question de savoir qui supportera une dépense liée à des travaux votés avant la vente dépend notamment du moment où les sommes deviennent exigibles et des dispositions applicables à la vente. Ce point mérite donc d’être clarifié avant la signature avec le notaire.

Pour comprendre en détail les différents frais liés à l’immeuble, consultez notre guide sur les charges de copropriété. 

À votre arrivée : vos premières démarches de copropriétaire

La vente est signée ? Vous faites désormais officiellement partie de la copropriété. Quelques démarches simples vous permettront de démarrer sur de bonnes bases.

Se signaler au syndic

Le syndic doit disposer des informations nécessaires pour communiquer avec les copropriétaires et tenir à jour les données de la copropriété.

Assurez-vous donc qu’il possède vos coordonnées correctes.

C’est notamment grâce à ces informations que vous recevrez les communications relatives à l’immeuble, les appels de fonds et les convocations aux assemblées générales.

Profitez de ce premier contact pour demander comment la communication est organisée : courrier, e-mail, plateforme numérique ou autre système. Vérifiez également comment accéder aux documents utiles de la copropriété.

Vous éviterez ainsi de découvrir trop tard une échéance de paiement, une réunion importante ou une décision concernant l’immeuble.

Payer le fonds de roulement

Le fonds de roulement sert à couvrir les dépenses courantes de la copropriété. Il permet par exemple de disposer des liquidités nécessaires pour payer les factures communes sans devoir réclamer une somme aux copropriétaires à chaque dépense.

Lors d’un changement de propriétaire, la part du vendeur dans le fonds de roulement lui est généralement remboursée. Le nouvel acquéreur doit alors reconstituer sa participation afin que la copropriété conserve les moyens nécessaires à son fonctionnement.

Il faut distinguer ce mécanisme du fonds de réserve, destiné aux dépenses non périodiques ou importantes. La part du vendeur dans ce fonds reste acquise à l’association des copropriétaires.

Pour comprendre cette distinction et son fonctionnement, consultez notre contenu consacré au fonds de roulement. 

Comprendre vos quotités et vos charges

En tant que nouveau copropriétaire, vous recevrez des appels de provisions et des décomptes de charges. Il est important de comprendre dès le départ comment ces montants sont calculés.

Votre lot possède des quotités, déterminées dans les documents constitutifs de la copropriété. Elles représentent votre part dans les parties communes et interviennent notamment dans la répartition de nombreuses charges.

Toutes les dépenses ne sont cependant pas nécessairement réparties de manière identique. Selon la nature de la dépense et les règles applicables dans l’immeuble, d’autres critères, comme l’utilité d’un équipement pour un lot, peuvent intervenir.

Les provisions correspondent aux sommes versées périodiquement pour permettre à la copropriété de payer ses dépenses. Le décompte permet ensuite de comparer les provisions versées avec les dépenses réellement imputées à votre lot.

Pour aller plus loin, consultez notre guide expliquant comment calculer les charges de copropriété. 

Votre première année : AG, votes et vie de la copropriété

Une copropriété n’est pas uniquement une série de factures à payer. En tant que propriétaire, vous participez également aux décisions collectives concernant votre immeuble.

Participer à votre première assemblée générale

L’assemblée générale, ou AG, réunit les copropriétaires afin de prendre les décisions importantes pour la copropriété.

Vous recevez une convocation avec l’ordre du jour avant la réunion. En règle générale, le délai de convocation est d’au moins 15 jours, sauf disposition particulière applicable.

L’ordre du jour mérite une lecture attentive : il indique les sujets qui seront soumis à la discussion et au vote.

Lors de l’AG, votre voix est liée aux quotités dont vous disposez dans les parties communes. Vous pouvez participer personnellement ou, si nécessaire, vous faire représenter au moyen d’une procuration dans le respect des règles applicables.

Vous souhaitez qu’un sujet précis soit discuté ? Un copropriétaire peut transmettre au syndic une proposition afin qu’elle soit inscrite à l’ordre du jour, en respectant les délais et modalités prévus.

Pour un nouveau copropriétaire, participer à la première AG est particulièrement utile : c’est l’occasion de comprendre les priorités de l’immeuble, les dépenses prévues et la manière dont les décisions sont prises.

Vos droits et vos devoirs de copropriétaire

Devenir copropriétaire vous donne des droits, mais implique également des obligations envers la collectivité.

Vous avez notamment le droit de participer aux assemblées générales, de voter et d’accéder aux informations et documents de la copropriété selon les modalités prévues. Si une décision de l’assemblée générale est irrégulière, frauduleuse ou abusive et vous cause un préjudice personnel, une contestation judiciaire est possible dans les conditions légales. Le délai applicable est de quatre mois à compter de la date de l’assemblée générale.

En parallèle, vous devez payer les charges qui vous incombent, respecter les règles de la copropriété et veiller à ce que l’utilisation ou l’entretien de votre lot ne porte pas atteinte aux droits des autres copropriétaires ou aux parties communes.

Le bon réflexe durant votre première année est donc simple : lire les documents, suivre les comptes, participer aux décisions et poser des questions lorsque quelque chose n’est pas clair.

Qui gère l’immeuble ? Syndic professionnel ou bénévole

Le syndic est chargé de la gestion de la copropriété et de l’exécution des décisions prises par l’assemblée générale. Ses missions couvrent notamment la gestion administrative et financière, l’organisation des assemblées générales et le suivi de la vie courante de l’immeuble.

L’assemblée générale reste l’organe au sein duquel les copropriétaires prennent collectivement les décisions relevant de ses compétences. Dans certaines copropriétés, un conseil de copropriété intervient également pour contrôler la bonne exécution des missions du syndic dans le cadre légal applicable.

Le syndic, lui, ne doit pas nécessairement être un professionnel.

Un copropriétaire peut être désigné comme syndic bénévole et assurer la gestion de l’immeuble. Cette possibilité peut notamment intéresser les petites copropriétés qui souhaitent réduire leurs coûts tout en conservant une gestion structurée et transparente.

Pour comprendre ce modèle, ses règles et son fonctionnement, découvrez notre guide complet consacré au syndic bénévole.

Syndic Yourself : et si votre copropriété se gérait autrement ?

Devenir nouveau copropriétaire, c’est aussi arriver avec un regard neuf sur la gestion de l’immeuble. Les honoraires du syndic sont-ils adaptés à la taille de la copropriété ? Les comptes sont-ils suffisamment transparents ? Les copropriétaires disposent-ils facilement des documents dont ils ont besoin ?

Syndic Yourself propose une alternative destinée aux copropriétés gérées par un syndic bénévole : une plateforme spécialisée centralise la comptabilité, les documents et les assemblées générales, avec un accompagnement humain disponible selon la formule choisie.

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FAQ

Quels documents recevoir avant d’acheter en copropriété ?

Avant l’achat, les informations transmises dans le cadre de l’article 577-11 permettent notamment de connaître les montants des fonds de roulement et de réserve, les éventuels arriérés, les procédures en cours, les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales et les derniers décomptes de charges. Demandez également à consulter l’acte de base et le règlement de copropriété afin de connaître précisément les règles et caractéristiques de l’immeuble.

Le nouveau copropriétaire doit-il payer les travaux votés avant son achat ?

Des travaux votés avant la vente peuvent entraîner des paiements pour le nouveau propriétaire lorsque les appels de fonds correspondants deviennent exigibles après la vente, selon les règles applicables et les dispositions de l’acte. Il est donc essentiel de consulter les procès-verbaux des dernières assemblées générales avant de signer. Le notaire peut vérifier la répartition exacte des dépenses entre vendeur et acheteur pour la vente concernée.

Que paie un nouveau copropriétaire à son arrivée ?

Le nouveau propriétaire participe généralement à la reconstitution du fonds de roulement, tandis que le vendeur récupère sa part selon le mécanisme applicable. Il commence également à payer les provisions de charges correspondant à son lot. Le fonds de réserve fonctionne différemment : les sommes qui y sont versées restent acquises à l’association des copropriétaires et la part du vendeur n’est donc pas remboursée lors de la vente.

Comment participer à sa première assemblée générale ?

Le copropriétaire reçoit une convocation comportant notamment l’ordre du jour, en principe au moins 15 jours avant l’assemblée générale. Il peut participer aux discussions et voter selon les quotités attachées à son lot. S’il ne peut pas être présent, il peut se faire représenter par procuration dans les conditions prévues. Il peut également transmettre au syndic une proposition à inscrire à l’ordre du jour en respectant les modalités applicables.

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